Je ne sais pas comment m'y prendre

Forum Ado Gay - Créé le - 6 Participations

Je ne sais pas comment m'y prendre

Ce sujet est une demande d'aide, écoute et bienveillance sont de rigueur

Bonjour à tous... Je suis lycéen, en première scientifique, j'ai 16 ans, et je suis gay. Je le sais maintenant depuis presque 3ans.

J'ai parlé de mon homosexualité à mon cercle d'amis extrêmement proches... mais c'est tout... (Et c'était dur la première fois... j'ai crû que j'allais m'evanouir tellement il y avait un poids en moi qui avait lâché... ) Au final, quelques-uns de mes amis (5 personnes) le savent , qui l'ont tous très bien reçu... (Ca c'est cool !!!) Bon ça c'est la première étape... et malheureusement il reste trop de marches... que je ne sais ni comment les gravir ni comment les appréhender... mes autres amis... mes camarades, mon lycée en général... mes parents... ma famille (bon euh le reste de la famille c'est pas grave ils sont quasi tous homophobes... (YES)). Aussi, je me dis souvent que POURQUOI nous (bi, lesbiennes, gay, pansexuels, etc...) avont le fardeau de faire son coming-out ? Les hétérosexuels n'ont pas à le faire... Alors pourquoi nous oui ? Bref... je connais déjà un peu la réponse : ce sont les mentalités de l'être humain... Mais cela n'empêche pas que ça reste chiant.

Et sinon, pour revenir à mon besoin d'aide... Je ne sais pas comment comment m'y prendre et de quelle manière...

Je n'ai pas envie de me prendre des commentaires homophobes en pleine figure, que les gens me voient en mal... J'ai juste envie d'être heureux et de trouver un garçon gentil qui saurait me comprendre...

Alors oui il y aura toujours des cons sur Terre... (moi même j'en suis un :) ) et je ferai avec... mais j'ai quand même un peu peur que tout bascule d'un coup...

Et puis après, y'a mes parents, qui je pense qu'ils seront réceptifs... Mais qui pourraient quand même être un peu chagriné de ne pas me voir sortir avec des filles... Et que je n'aurais non plus pas de gosses plus tard (ca c'est ma mère, elle me soule a me dire que j'ai intérêt à trouver une "jolie Princesse"... car elle veut être une bonne grand-mère... Je peux comprendre... mais sérieux, ca aussi je ne sais pas comment m'y prendre... J'ai que 16 ans... J'ai pas l'age d'être papa...)

Bref, pour ceux qui ont réussi à suivre jusqu'au bout... j'aimerais bien avoir des conseils, un peu d'aide...

Merci d'avance à tous !


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Je pense que tu n'est pas obligé de le dire tu peut simplement attendre le moment ou tu seras le plus pret et ou se seras naturel pour toi de l'annoncer


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Citation de Hippocampe #301901

Je sais bien... mais je ne peux plus de ce lourd poids sur mes épaules... J'ai de plus en plus une envie pressante de me libérer... Mais je n'arrive pas à trouver mes mots...

Mais je prends en note, merci


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De rien ?


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Meilleure réponse

Bonsoir Renaud,

Cette question du Coming-Out est complexe, je vais te partager cette réponse pastorale du livre "Foi, homosexualtié, Eglise", ( de DUEC une association catholique conciliant Foi et homosexualité, l'essentiel du message concerne le CO)

"Dois-je en parler à mon entourage ?

La question de ce qu’on appelle communément le « coming out » est importante. Loin d’être une manière d’afficher sa différence ou d’être une revendication, l’annonce de son homosexualité à ses proches constitue pour beaucoup une étape essentielle dans un travail de vérité avec soi. Parce qu’on aime ceux qui nous entourent, on a naturellement envie de leur partager ce qui est le plus intime de soi-même – mais ce n’est jamais une obligation.

Pour autant, cette annonce est loin d’être simple et elle suscite un certain nombre de questions. En premier lieu, on doit se demander ce qui nous pousse à vouloir être en vérité avec son entourage : est-ce pour soi ou pour les autres ? Car il y a bien deux « parties » en jeu dans cette révélation délicate.

Si c’est pour soi : est-ce pour être plus libre dans sa vie ? parce qu’on n’arrive plus à avancer tant qu’on n’a pas partagé ce qu’on vit avec ses proches ? pour pouvoir être en vérité avec les autres et ne plus avoir l’impression de mentir à ses amis, à ses parents ? est-ce pour se soulager d’un poids, quitte à le faire au dépens de son entourage, ou est-ce dans un réel esprit de partage ? Si c’est pour les autres : est-ce pour qu’ils puissent mieux comprendre ? pour leur manifester sa confiance et son affection ? pour ne pas leur manquer de respect ?

Il faut encore prendre en compte les conséquences pour soi et pour les autres d’une telle révélation. La confidence sera-t-elle accueillie favorablement et permettra-t-elle de nouer des relations plus vraies et plus profondes ? Risque-t-elle à l’inverse de compliquer encore plus la situation, d’être incompris et rejeté ? Tout dépend ici du contexte familial, amical, professionnel et de la nature de ses relations avec les autres, de l’ouverture d’esprit et de cœur de chacun, des a priori et préjugés possibles vis-à-vis de l’homosexualité… Il faut encore rappeler qu’un « coming out » trop précipité peut entraîner des situations graves : nombreux sont les cas de jeunes mis à la porte de chez eux par des parents incapables de comprendre. Il est parfois bon d’attendre que sa propre situation soit stabilisée, pour ne pas se retrouver dans une fragilité encore plus grande, voire dans la précarité. Si le dire aux autres risque d’entraîner de leur part incompréhension, jugement, rejet ou de créer des tensions importantes, il peut être alors préférable de ne pas parler. Dans ce cas, ce n’est pas mentir que de ne pas révéler son homosexualité.

Car pour les autres non plus, l’acceptation n’est pas simple. Si soi-même on a eu beaucoup de mal à s’accueillir, si on a été tenté de nier ou de fuir son homosexualité, il se peut qu’il en soit de même pour son entourage, qui, bien souvent, n’est pas préparé à une telle nouvelle. Il peut être important, avant de « se lancer », de se demander si l’autre est prêt à entendre cette annonce. Sinon, ce serait violer son espace intérieur. Il est encore possible de parler à certains qui sont prêts à entendre, mais pas à d’autres, qui ne sont pas encore capables de comprendre : cela est particulièrement vrai en famille. Dans certaines situations, il faut savoir accueillir le fait que son entourage ne sera peut-être jamais prêt à vivre avec une telle réalité et comprendre que c’est un bien que de ne pas leur en parler. En revanche, si cela permet de clarifier la situation, il peut alors être souhaitable de dire les choses. Et les réactions de l’entourage peuvent être tout aussi surprenantes dans l’autre sens : quoi de plus beau que d’entendre des parents dire à leur enfant qu’il reste le même pour eux, quoi qu’il en soit ? Le fait de parler à ses proches peut engendrer un approfondissement et un enrichissement dans les relations, être une source de dialogue, de partage et de confiance mutuelle.

De manière concrète, si l’on souhaite annoncer son homosexualité à ses proches, il convient d’abord de se demander comment soi-même on l’accueille, comment on l’intègre dans sa vie. Il s’agit de se connaître, de s’accepter, d’être en paix. Il faut ensuite trouver le bon moment, où l’autre est disponible pour écouter ce qu’on a à lui dire. Parfois, ce sont des circonstances qui vont nous amener à « passer à l’action » : parce que tout va bien et qu’on a trouvé enfin un certain équilibre dans sa vie, ou bien au contraire parce qu’on va mal et qu’on a besoin de se sentir compris et soutenu. Quoi qu’il en soit, la bonne attitude est certainement celle de l’humilité : en révélant son homosexualité, on n’a rien à prouver à l’autre, on n’a rien à lui imposer, on parle de son intimité, on lui confie quelque chose de soi. Parfois encore, la meilleure façon de vivre son homosexualité vis-à-vis de son entourage est de pouvoir être soi-même. Il y a des situations qui vont parler d’elles-mêmes sans qu’il y ait besoin d’une formulation explicite : lorsque deux amis sont continuellement ensemble depuis des années, l’entourage se rend bien compte de quelque chose, même si les choses ne sont pas dites. Il n’est pas toujours nécessaire de tout dire pour être compris.

Il peut enfin être bon de trouver une aide, pour ne pas affronter cette étape seul. . Commencer à échanger non pas d’abord avec un proche mais avec une personne extérieure peut aussi être une étape. Un groupe de parole peut également être un lieu qui permet de se dire et d’apprendre à accepter le regard des autres sur soi. Souvent encore, il est plus facile de parler de certains sujets avec les amis plutôt qu’avec ses parents : les enjeux ne sont pas les mêmes.

En fin de compte, que l’on dévoile ou non son homosexualité à ses proches, l’essentiel, c’est d’être en paix avec soi-même. Et quand bien même il en coûterait de ne pas pouvoir être en vérité avec les siens, il faut du moins l’être avec soi.

"

Ensuite pour répondre à ton message :

Je suis content que tu as pu mettre des mots sur tes ressentis. De savoir que tu es attiré sentimentalement, affectivement et sexuellement par les garçons.

C'est vraiment génial que tes amis l'ont bien pris. Cela fait du bien de pouvoir être "soi" devant ceux qu'on aime et partager cette partie de soi. Oui quand on cache cela pendant beaucoup de temps il y a une tension intérieure qui s'accumule et si on ne fait rien cela peut exploser.

Oui c'est une première étape et il faudrait y aller à son rythme. Tu n'es pas obligé de le dire à tout le monde. Seulement aux personnes que tu souhaites. Le plus important étant que tu l'acceptes, que tu sois bien avec, pour que peu importe ce qu'on dise, que tu continues d'aller de l'avant et de ne pas être blessé par certaine remarque. Car ce qui compte c'est ce que tu crois au fond de toi. C'est à dire qu'il n'y a aucune anormalité, aucune honte à ressentir sur le fait d'être homo, c'est une autre sexualité, présente énormément dans la Nature. (Cf cette petite vidéo d'Arte : https://www.arte.tv/fr/videos/067093-040-A/tu-mourras-moins-bete/ )

Tu sais le Coming-Out c'est personnel. Certains font un long discours, d'autres disent simplement "Je suis homo ou "j'aime les garçons".

Réfléchis bien à la façon qui te parait la plus naturelle, qui te ressemble le plus. Tu peux être spontané. Quant à l'homophobie du reste de ta famille, elle peut-être simplement culturelle ( de génération en génération on apprend à dénigrer les "pédé") mais ce n'est parce que quelqu'un grandit avec une conception, qu'il ne peut pas évoluer, cependant cela demande du temps.

"POURQUOI nous (bi, lesbiennes, gay, pansexuels, etc...) avont le fardeau de faire son coming-out ? Les hétérosexuels n'ont pas à le faire... Alors pourquoi nous oui ? Bref... je connais déjà un peu la réponse : ce sont les mentalités de l'être humain... "

Dans un film je ne sais plus lequel j'ai entendu cette phrase "Tu sais comment on appelle un hétéro qui fait un coming-out ? C'est une CONVERSATION". Oui les hétérosexuels n'ont pas à le faire puisque nous sommes dans une société où c'est normal qu'un garçon tombe amoureux d'une fille et que la majorité le font. Il faut rappeler toute l'Histoire et les oppressions qu'ont subi les LGBT, que l'homosexualité était considérée comme une maladie mentale etc etc pour comprendre que faire son coming-out c'est simplement ouvrir cette partie de soi qu'on a pendant longtemps fermé , mis sous clé et en être fier car pour beaucoup de personnes, c'est mal d'être homo. Mais il ne faudrait pas non plus qu'on se voit uniquement dans cette identité "d'homo", nous sommes plein de choses, pas seulement homos. Mais le CO est complexe on peut le faire chacun à sa manière. Le faire c'est permettre d'être plus libre aussi.

"Et sinon, pour revenir à mon besoin d'aide... Je ne sais pas comment comment m'y prendre et de quelle manière..."

Il n'y a jamais de bonnes ou de mauvaises manières. Le plus important c'est que tu sois sincère et que cela vienne spontanément.

"Je n'ai pas envie de me prendre des commentaires homophobes en pleine figure, que les gens me voient en mal... J'ai juste envie d'être heureux et de trouver un garçon gentil qui saurait me comprendre..."

Je te comprends. C'est une possiblité qui peut arriver et si ça arrive tu dois te préparer. A relativiser, te rappeller ce que tu crois au fond de toi. Peut-être que certaines personnes te verront en mal, que tu perdras des amis... Mais c'est possible qu'ils reviennent vers toi, que cela se passe bien. Tu as déjà fait une belle première étape.Tu peux être heureux et trouver un merveilleux petit ami !

Si tu crois au plus profond de toi, que tu es quelqu'un de bien, que tu es fier de toutes les facettes de ta personnalité, que tu as le droit de vivre une belle histoire d'amour avec un garçon, alors les remarques homophobes ou les disputes ne t'atteindront pas.

*"Et que je n'aurais non plus pas de gosses plus tard (ca c'est ma mère, elle me soule a me dire que j'ai intérêt à trouver une "jolie Princesse"... car elle veut être une bonne grand-mère... Je peux comprendre... mais sérieux, ca aussi je ne sais pas comment m'y prendre... J'ai que 16 ans... J'ai pas l'age d'être papa...)"

Concernant tes parents. Oui effectivement ils devront faire le deuil (peut-être ) d'avoir des enfants plus tard. SURTOUT ta maman devra faire le deuil de s'être imaginé que tu aurais une petite amie. Et cela sera difficile. Ce n'est pas simple pour un parent d'accepter que son enfant est homo et de revoir toutes ses conceptions. Mais si ils t'aiment, avec le temps ils comprendront et surtout ils seront heureux pour toi. Car tu seras heureux avec un garçon.

Pour les enfants rassure toi tu auras le temps de réfléchir à la question plus tard. Si tu souhaites avoir des enfants ou pas. Ta maman aura peut-être des enfants de tes frères et soeurs. Peut-être que tu en voudras un mais tu as d'autres questions à te poser que celle-là actuellement. Tu as seulement 16 ans oui. Avant de vouloir 4 enfants, un chien, et un chalet en montagne. Peut-être devrais tu imaginer rencontrer un merveileux garçon.

Tu as d'énormes choses à vivre encore. Tu commences à sortir de ta chrysalide. Sois courageux et curieux d'avancer en étant toi-même. Imagine toi être un dragon et de voler partout où tu le désires.

C'est le début des plus belles années de ta vie. Sois toi même et bien entouré.

Si tu as d'autres questions,n'hésite pas !


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Perso je vais pas te faire un long discours, je vais juste te dire que si tu sens le besoin de leur dire alors dit le leur, mais si tu prends ça pour un formalité, c est pas nécessaire.

Bonne journée


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